Vendredi dernier, j’évoquais la raison qui m’a conduit à devenir professeur des écoles après avoir passé dix années en comptabilité/finance.
Aujourd’hui, je vous raconte ce que j’ai dû apprendre le plus vite dans mon nouveau métier.
Mes premiers jours en classe, j’avais vraiment l’impression d’être un imposteur : j’avais tant de questions : comment prendre en main la classe, que faire avec les élèves les plus en difficultés, est-ce que ce que j’ai prévu va leur plaire, est-ce que ca va leur être utile, et puis qu’est-ce que je donne comme devoirs, et puis les parents, et les collègues ? J’avais peur que la classe ne m’écoute pas, que je n’arrive pas à les intéresser, à capter leur intentions.
Bref, je me demandais comment j’allais faire pour engager ma classe ?
Vous-même, vous avez peut-être déjà éprouvé ce sentiment ou vous l’éprouvez encore :
- vous avez un poste mais vous n’avez pas le diplôme qui va bien,
- vous étiez deux candidats pour un poste, on vous a retenu, mais vous trouviez que l’autre était franchement meilleur,
- vous avez d’anciens collègues dont vous êtes maintenant le supérieur hiérarchique,
- vous n’avez jamais managé d’équipe auparavant et vous ne savez pas comment faire. Bref, vous ne vous sentez pas légitime… et vous vous demandez comment vous allez faire pour engager votre équipe?
Bref, vous ne vous sentez pas légitime… et vous vous demandez comment vous allez faire pour engager votre équipe?
A un moment donné, il a bien fallu que j’arrête de me poser des questions. C’était la rentrée et j’ai dû me jeter à l’eau. Quelque chose m’a marqué dès les premières secondes.
En tant que professeur des écoles, tous les regards sont braqués sur vous. Chaque mot que l’on prononce, chaque action que l’on fait, chaque décision que l’on prend est scruté. On est observé toute la journée. Ainsi, ma plus grande priorité a été de trouver la bonne posture face aux élèves.
Quand je parle de posture, je ne parle pas uniquement de la posture non verbale, mais également de ce que l’on dit, du ton avec lequel on le dit, de la manière dont nous réagissons, dont nous prenons les décisions.
Etre observé toute la journée, c’est évidemment stressant, surtout au début, mais ça a un énorme avantage : c’est que l’on a un retour instantanée des élèves. On voit leur réaction immédiatement lorsque l’on dit ou fait quelque chose. Bien sûr, cette posture, on la travaille et on acquiert au fil du temps des gestes professionnels, des réflexes qui nous permettent d’être plus sereins face à la classe. Mais la nature de notre métier fait qu’il est indispensable de prendre conscience de cette posture.
Avant d’être prof, je n’avais jamais fait vraiment attention à ma posture. En fait, on y réfléchit assez peu et pourtant avec le recul, cela me semble être fondamental quelque soit votre métier. En effet, même si tous les yeux ne sont pas braqués sur vous, votre posture est analysée même inconsciemment.
Voici 3 exemple pendant lesquels je pense que ma posture n’était pas adaptée et pour lesquels je plaide coupable:
- Ne pas lever ses yeux de l’ordinateur et continuer à écrire alors qu’un collègue vient vous parler.
- Passer devant un collègue en étant perdu dans ses pensées et ne même pas lui répondre quand il vous dit bonjour.
- Lire et répondre à ses mails pendant une réunion au point de ne plus savoir de quoi on parle au moment où on lève la tête
Alors que je ne prononce pas un mot, j’envoie de nombreux signaux à mon interlocuteur qui doit certainement se dire quelque chose comme : “ce que je raconte ne l’intéresse pas, je suis invisible pour lui, ce que je fais doit être nul ; clairement, ce projet n’est pas une priorité pour lui.”
Aujourd’hui, essayez de réfléchir à un moment de la journée durant lequel vous pensez que votre posture envoie un message négatif. Une fois que vous avez trouvé ce moment, essayez de trouver une solution pour le transformer et renvoyer un message positif.
Vous l’avez compris, trouver la bonne posture a été ce que j’ai dû apprendre le plus vite dans mon nouveau métier…