Avec le titre « Petit guide à l’usage des gens intelligents qui ne se trouvent pas très doués », le livre de Béatrice Millêtre fait partie des livres qui ont tout de suite attirés mon attention. Dans Effet Eurêka, nous parlons souvent du syndrome de l’imposteur, du fait de ne pas se sentir à la hauteur et ce livre offre une perspective très intéressante.
Dès l’introduction du livre, l’auteure évoque les travaux de Roger Sperry autour du cerveau qui lui ont valu le Prix Nobel en 1981. Pour résumer, le cerveau peut fonctionner de deux manières : d’un côté, le cerveau gauche qui analyse de manière séquentielle, étape par étape. De l’autre, le cerveau droit qui réfléchit de manière plus globale et intuitive.
Le soucis, c’est que le monde autour de nous est créé pour les personnes fonctionnant avec le cerveau gauche et que les personnes ayant un cerveau droit peuvent se sentir en décalage.
Dans la première partie de l’ouvrage, nous découvrons ce que peut ressentir une personne ayant un fonctionnement de cerveau droit avec ses doutes et ses interrogations :
« Nous sommes pris par des évidences, que nous ne pouvons pas expliquer, que nous avons du mal à détailler, mais qui se révèlent souvent vraies à postériori. Parfois, les idées nous viennent sans qu’on y réfléchisse, sans qu’on sache nécessairement les expliquer, les justifier. De plus, nous ne savons pas comment, ni quand les pièces du puzzle se mettent ensemble, ce qui génère un manque de confiance ou un doute. »
Dans la seconde partie du livre, nous découvrons comment ces personnes au fonctionnement global peuvent libérer leur potentiel. Prenons deux exemples:
- Pour les personnes ayant un raisonnement global, intuitif, le premier conseil est d’accepter d’être passif à un moment donné du projet. Une fois que vous avez pris connaissance de toutes les informations utiles pour le sujet ou le projet que vous traitez, vous avez besoin de temps pour que votre réflexion mûrisse.
- Le second conseil est de réussir à se limiter à son sujet. C’est-à-dire que, poussés par notre curiosité, nous allons avoir tendance à nous poser sans arrêt des questions, et notamment des questions qui ne sont pas en lien avec le sujet qui nous préoccupe. Cela crée une distraction qui nous éloigne de notre but. En nous focalisant sur notre but à atteindre, nous réduisons nos chances de dispersion.
En lisant ce livre, il y a toutefois un élément qui m’a interrogé. Je vous cite le passage:
“Les personnes à préférence hémisphérique gauche vont présenter un raisonnement séquentiel. Les personnes à préférence hémisphérique droite montrent un raisonnement global. La différence ne se pose donc pas en termes de fonctionnement mental, elle se situe plutôt à un niveau physiologique. Autrement dit, il est impossible à une personne ayant un type de raisonnement donné de fonctionner différemment qu’elle ne le fait. Si vous raisonnez global, vous ne pouvez pas raisonner séquentiel.”
Il semblerait donc que l’on soit :
- soit une personne à raisonnement séquentiel,
- soit une personne à raisonnement global.
Or, j’ai le sentiment à titre personnel de ne pas avoir nécessairement une préférence pour l’un ou pour l’autre. Je sais que plus jeune, j’avais clairement une orientation plutôt analytique, séquentiel. Mais avec le temps, il me semble avoir développé mon cerveau droit plus global, plus intuitif.Lorsque je reprends quelques caractéristiques décrites pour les personnes ayant un raisonnement global, certaines me parlent très clairement:
- Premièrement, j’ai toujours un “petit vélo » qui tourne dans ma tête. Je réfléchis à tout et n’importe quoi, je veux mener plusieurs projets en même temps.
- Ensuite, j’ai souvent des moments où ca fait tilt dans ma tête. Ce sont d’ailleurs ce que j’appelle les Effets Eurêka.
- Enfin, c’est souvent quand je suis occupé à autre chose que mes meilleures idées viennent.
A l’opposé, certains éléments ne me ressemblent pas du tout:
- Je ne trouve quasiment jamais la solution d’un problème sans savoir expliquer ou justifier mon raisonnement.
- Je n’ai pas le sentiment d’avoir une très forte sensibilité des 5 sens ou une capacité à interpréter plusieurs informations en même temps. Au contraire, parfois, perdu dans mes pensées, je ne vois pas les choses qui sont juste sous mon nez.
Quoiqu’il en soit, même si je ne me suis pas entièrement reconnu dans une personne ayant un raisonnement global, intuitif, il me semble avoir réussi à développé cette compétence au fil des années d’expérience. Et vous, fonctionnez-vous plutôt de manière analytique, séquentiel ou plutôt de manière globale et intuitive?